Le Frat, 110 ans d’Histoire

Le PREMIER FRAT a lieu en 1908, date du 50ème anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Lourdes.

À cette époque, se sont les « patros » parisiens (patronage : Colonie du Fraternel) qui emmènent les jeunes au Frat. Apparus vers 1895, les premiers « patronages » s’adressent aux jeunes du monde ouvrier. L’un d’eux dans le XVIIIe arrondissement, le « Patronage Championnet », propose de nombreuses activités grâce à un prêtre dynamique l’Abbé André Caillet.

En ce début de XXème siècle, Lourdes est déjà un lieu important de pèlerinage. La ville va permettre de conjuguer deux attentes : faire vivre un pèlerinage à des jeunes et leur permettre de profiter de vacances à la montagne. En 1908, part le premier groupe. Il est composé des vingt et un garçons du « patro Championnet ». Suite à l’expérience concluante de 1908, l’Abbé Caillet désire renouveler l’expérience. C’est ainsi que le « pèlerinage fraternel », comme il sera appelé désormais, sera reconduit les années suivantes. En quelques années, le pèlerinage fraternel regroupe plusieurs patronages du nord de Paris. Puis il est rejoint par les banlieues limitrophes (Saint-Ouen, Clichy, La Garenne). La Première Guerre mondiale va marquer un premier arrêt. Les trains sont réquisitionnés, les hommes sont mobilisés. Dès 1920 le Fraternel reprend, toujours sous l’égide de l’Abbé Caillet.

Les filles demandent à avoir, elles aussi, leur rassemblement. L’Abbé Kempf, un autre abbé parisien, se lance dans l’aventure aux côtés de celles que l’on appelle les demoiselles.

À l’époque, il n’est pas envisageable que le rassemblement soit mixte. En mars 1927, l’Abbé Kempf, demande à l’archevêque de Paris de l’époque de trancher. La question sera réglée par la création d’une alternance filles-garçons. Les garçons iront désormais à Lourdes les années paires et les filles les années impaires. Elles sont alors quatre-vingt. Face à l’engouement suscité par ce pèlerinage et à la demande croissante des jeunes pour y participer, une organisation devient nécessaire.

C’est ainsi qu’en 1928 une association est créée : les Colonies Fraternelles. C’est l’Abbé Caillet qui préside l’association.

Après la Première Guerre mondiale, un principe est posé : on ne part pas individuellement au Fraternel.

Le pèlerinage commence par la célébration du dimanche de Pâques. L’après-midi a lieu l’ascension du pic du Jer et le soir le procession aux flambeaux. La journée se termine par la récitation du Credo en face de la basilique. Les deux journées qui suivent sont consacrées à la détente : les excursions. Le rythme des journées va permettre de faire alterner de grands rassemblements avec des heures de solitude ou de discussion en petits groupes.

Chaque journée a un thème particulier. Une conférence est faite sur le thème du jour par les deux prédicateurs qui accompagnent le rassemblement.

Depuis sa création, le Frat a surtout concerné Paris, qui incluait à cette époque les diocèses de Nanterre, Saint-Denis et Créteil.

Au cours des années le nombre de participants garçons ne cesse d’augmenter : 300 en 1926; 820 en 1928; 4 200 en 1930. Le Seconde Guerre mondiale va brusquement stopper le pèlerinage. C’est la seconde fois depuis sa création. Un dernier rassemblement a lieu en 1938. Dès janvier 1945 l’organisation se remet en place.

Pour les années exceptionnelles on retiendra un thème spécifique. En 1954, c’est une année mariale ; en 1958 on célèbre le centenaire des apparitions ; en 1960, on prend pour thème « Marie est notre vocation de chrétien ». C’est ainsi qu’au fil des années le Frat va être construit autour d’un thème précis.

Du point de vue de l’organisation, des modifications se dessinent. Ainsi au milieu des années 50, l’archevêque de Paris, Mgr Maurice Feltin, décide que désormais « Fraternel » et « Bernadettes » seront dirigés par des prêtres. Il leur appartient, une année sur deux, de constituer une équipe qui organisera le rassemblement dans la globalité.

En 1968, de nouveaux diocèses sont créés en région parisienne, ce sont désormais 4 diocèses qui participent au Frat : Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis.

Au milieu des années 70 la question de la mixité du rassemblement revient sur le devant de la scène. Les écoles, collèges et lycées sont mixtes depuis quelques années : est-il encore nécessaire de séparer le Frat des garçons de celui des filles ? De même en ce qui concerne la tranche d’âge à laquelle s’adresse le Frat : 13-20 ans. En 1978, le premier Frat mixte a lieu à Lourdes. La distinction entre « Fraternel » et « Bernadettes » est dépassée. Désormais ce sont les aumôneries de collèges et lycées, les groupes de paroisses et des jeunes en mouvements qui vont constituer le nouveau vivier du Frat.

Se pose à présent la question de la fréquence du rassemblement. Il est décidé de scinder en deux la tranche d’âge.

Les années impaires les 13-15 ans (4ème-3ème) se rendront à Jambville, dans la propriété des Scouts de France, les années paires, les 16-18 ans (2nde-1ère– Terminal) continueront d’aller à Lourdes. Cette alternance est mise en place dès 1978 avec le premier Frat de Jambville. C’est à cette époque que le diocèse de Versailles, va être redécoupé et de nouveaux diocèses sont créés.

En 1980, ce sont 8 diocèses d’Ile-de-France qui se rassemblent pour la première fois à Lourdes : Paris, Créteil, Nanterre, Saint-Denis, Versailles, Pontoise, Évry et Meaux.

Depuis l’aventure continue et cette année en 2018, le Frat fête ses 110 ans !